La formation des leaders religieux se justifie par le fait que le Togo fait face à d’importantes inégalités de genre qui impactent significativement l’accès aux soins et la qualité des services de santé. Malgré une prévalence nationale du VIH en baisse, des disparités importantes subsistent selon le sexe, l’âge, le type de population et les zones géographiques. Les femmes sont environ deux fois plus touchées que les hommes, et les populations clés telles que les Professionnel·le·s de Sexe, les Hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, les usagers de drogues et les détenus, enregistrent des taux de prévalence nettement supérieurs à la moyenne nationale.
Par ailleurs, ces populations sont également confrontées à la stigmatisation, aux discriminations et aux violences, qui les empêchent souvent de recourir aux services essentiels de santé sexuelle et reproductive, retardant ainsi le diagnostic et le traitement des infections comme le VIH et les IST, et aggravant leur état de santé.
C’est dans ce contexte que les leaders religieux ont été ciblés pour cette formation, en raison de leur influence déterminante au sein des communautés.
« Leur rôle social et moral leur permet de façonner les normes, d’orienter les comportements et de sensibiliser sur des questions sensibles telles que la santé sexuelle et reproductive, l’égalité de genre et la prévention des violences. En les impliquant directement, le projet ProSanté III vise à créer des relais communautaires capables de réduire la stigmatisation, d’encourager l’accès aux services essentiels et de promouvoir l’inclusion des populations clés, contribuant ainsi à l’amélioration globale de la santé et de la protection au sein des communautés », indique le coordonnateur du Réseau Cupidon.